conquête de la Palestine

Conquête de la Palestine et de Jérusalem

Sophronios – sermon sur le saint baptême 635 – Goitein El V 3232a – cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam

« D’où vient que les incursions barbares se multiplient et que les phalanges saracènes se sont levées contre nous ? Pourquoi tant de destructions et de pillages? D’où vient que l’effusion de sang est devenue continuelle et que les cadavres sont la proie des oiseaux du ciel? Pourquoi les églises détruites et la croix outragée?… Abomination de la désolation à nous prédite par le prophète. les Saracènes parcourent des contrées qui leur sont interdites, saccagent les villes, dévastent les champs, livrent les villages aux flammes, renversent les saints monastères, tiennent tête aux armées romaines, remportent des trophées à la guerre, ajoutent victoire sur victoire, s’alignent en masse contre nous… et se vantent de dominer le monde entier en imitant leur chef continûment et sans retenue… »

Balâdhurî, Futûh, p. 188-189.

Après avoir conquis Qinnasrîn et ses alentours en lan 16 [637 après J.-C.], Abû-`Ubayda rejoignit `Amr Ibn al-‘As qui était en train de faire le siège d’Aelia qui est Bayt al-Maqdis. On dit qu’Abû-`Ubayda envoya `Amr Ibn al `As d’Aelia à Antioche, dont les habitants avaient trahi, pour la reconquérir, puis que ‘Amr revint et resta là deux ou trois jours. Puis la population d’Aelia demanda à Abû-Ubayda la sauvegarde et la paix aux mêmes conditions que les habitants des autres villes du Shâm (la Syrie-Palestine) : paiement du tribut de capitation (jizya), de l’impôt foncier (kharâj), et acceptation de ce que les autres (villes du Shâm) avaient accepté, à la condition que ce soit ‘Omar Ibn al-Khattâb lui-même qui vienne conclure l’acte. Abû `Ubayda écrivit donc à `Omar pour lui faire part de cela. ‘Omar arriva et demeura à Jâbiya venant de Damas, puis il alla à Aelia. Il décida de (l’acte de) paix et leur en donna un rescrit. La conquête d’Aelia eut lieu en l’an 17 [638]

Arrivée d’Omar avec le rabbin Kaab à Aelia (Jérusalem)

Theophane – chronographie

« Omar, …entra dans la Ville Sainte et, avec une hypocrisie satanique, chercha le Temple des juifs afin d’en faire un lieu pour ses prières blasphématoires. Quand il l’eut vu, Sophone (le Patriarche) dit : en vérité voici l’abomination de la désolation, qui se tient dans le Saint des Saints. »

Théodore – cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam

«aussitôt, en courant, ils arrivèrent au lieu qu’on appelle Capitole. Ils prirent avec eux des hommes, certains de force, d’autres de leur plein gré, afin de nettoyer ce lieu et d’édifier cette maudite chose, destinée à leur prière, qu’ils appellent une midzgitha (mosquée). Parmi ces hommes se trouvât Jean, archidiacre de Saint-Théodore-le-Martyr, parce qu’il était, de son métier, poseur de marbre. Il se laissa séduire par eux pour un gain malhonnête et il alla de son plein gré travailler là-bas. Il était très habile de ses mains ».

 

Tabarî, Târîkh, I, 2408-2409, cité par A.L. de Prémare dans les fondations de l’islam.

De Rajâ’ Ibn Haywa,qui le tenait d’un témoin : Lorsque `Omar arriva de Jâbiya à Aelia et qu’il s’approcha de la porte de l’oratoire (masjid), il dit : « Surveillez-moi Kab. » Lorsque la porte s’ouvrit devant lui, il dit : « Me voici, mon Dieu, me voici, avec ce que tu aimes de mieux ! » Puis il se dirigea vers la salle, le palais de David.C’était la nuit. Il y pria et l’aube ne tarda pas à monter. Il ordonna au muezzin d’annoncer la prière (de l’aube). Il s’avança et dirigea la prière des assistants ; il leur récita la sourate Sâd [Coran 38] et, au cours de cette récitation, il se prosterna. Puis il se releva et, en second lieu, leur récita le début de la sourate Les Fils d’Israël [Coran 17, sans l’ajout du premier verset concernant l’ascension de Mohamed, puisque la sourate s’appelle encore « les fils d’Israël » ].Puis il fit linclination et s’en alla. Puis il dit : « Amenez-moi Kab (al-Ahbâr). » On le lui amena. Il lui dit : « A ton avis, où ferons-nous le lieu de prière ? » Il répondit : « En direction du Rocher. » `Omar lui dit : « Par Dieu, Ka’b, tu te conformes au judaïsme, car je t’ai vu enlever tes sandales. » Ka`b lui dit : « Je voulais le fouler de mes pieds nus. » `Omar lui dit : «Je t’ai bien vu. Mais non ! nous ferons le lieu de prière à la partie antérieure du Rocher, de la même façon que l’envoyé de Dieu a fait lorientation de la prière (qibla) de ses mosquées dans leur partie antérieure. Va donc ! Ce n’est pas vers le Rocher que nous avons reçu l’ordre (de nous orienter) mais vers la Ka’ba. » II établit donc l’orientation de la prière en avant du Rocher. Puis il se releva de son lieu de prière et alla vers une décharge publique sous laquelle les Byzantins avaient enseveli le Temple (Bayt al-Maqdis) du temps des Fils d’Israël. Lorsquil y alla, on lui en dégagea une partie, laissant la plus grande partie ensevelie. Il dit : « O hommes, faites comme je fais. » II se mit en position assise (les mains sur les genoux) devant ses fondations,  et il fit de même devant une des ouvertures de ses cavités. Il entendit derrière lui le cri : «Allâh est très grand! (Allâh akbar). » Or il n’aimait pas les comportements déplacés en quoi que ce fût. Il dit : « Qu’est-ce que cela? » On lui dit « c’est Kacb qui a crié Allâh akbar et les gens ont fait de même. » Il dit : « Amenez-le-moi. » On le lui amena. Ka`b dit : « Commandeur des fidèles, depuis cinq cents ans un prophète avait annoncé ce que tu as fait. – Comment cela? » demanda-t-il. Il dit : «Les Romains ont attaqué les Fils d’Israël et leur ont succédé au pouvoir, et ils ont enseveli le Temple. Puis sont venus leurs successeurs. Ceux-ci n’ont pas tardé à être attaqués par les Perses, lesquels ont opprimé les Fils d’Israël. Puis les Byzantins (Rûm) ont pris leur place jusqu’à ce que tu sois investi du pouvoir. Or Dieu avait envoyé un prophète sur la décharge publique et ce prophète avait dit : « Réjouis-toi, Jérusalem, le Sauveur (al-Farûq) viendra à toi et te nettoiera de tout ce qui te recouvre.«  Et un prophète avait été envoyé à Constantinople. Il se tenait debout sur la colline et avait dit : « O Constantinople, qu’ont           fait les gens de mon temple ! Ils l’ont détruit et t’ont assimilée toi-même à mon Trône ; et ils se sont mis à la première place à mon détriment. J’ai décidé de faire un jour de toi une terre désolée où personne ne se réfugiera, et où l’on ne se mettra plus à l’abri sous le couvert de Qédar, de Saba et» de Wadân, car le soir ne leur surviendra pas qu’il n’en reste rien ». [Zacharie 9, 9 et Isaïe 62, 11 ; Ézéchiel, chap. 26-28, en particulier 27, 12-24]

Bakrî, Mu`jam, II, 827, «Sakhra », raconte la construction de la mosquée sur le mont du Temple – cité par A.L. de Prémare dans les fondations de l’islam.

`Omar dit à Ka`b : « Où penses-tu que l’on pourrait faire la mosquée ? » – ou bien il a dit : « la qibla ? ». – « Derrière le Roche répondit-il ; ainsi tu réuniras (en une seule) les deux qibla, celle de Moïse et celle de Muhammad. – Tu te conformes au judaïsme, Père d’Isaac, lui dit ‘Omar. La meilleure des mosquées, c’est celle qui sera devant le Rocher. » Il la construis, donc devant la mosquée.

Baladhuri  raconte la soumission de Raqqa, en Syrie, en 639-640, cité par A.L. de Prémare dans les fondations de l’islam.

« L’avant-garde de Iyâd parvint à Raqqa. Ils avaient attaqué un campement des environs habité par des Arabes, ainsi qu’une population d’agriculteurs, et ils avaient fait du butin. Ceux de tous ces gens qui en avaient réchappé avaient fui et s’étaient réfugiés dans la ville de Raqqa.

lyâd arriva avec ses troupes, qu’il rangea devant la porte de Ruhâ, l’une des portes de la ville. Durant une heure, les musulmans reçurent des projectiles, et certains furent blessés. Alors il recula de façon à ne pas être atteint par leurs pierres et leurs flèches. A cheval, il tourna autour de la ville et posta des corps de cavalerie devant ses portes. Puis il revint à son camp et lança des incursions. Des villages, on se mit à amener des captifs ainsi que des vivres en abondance, car les champs étaient prêts à être moissonnés. Au bout de cinq ou six jours, le patrice de la ville envoya quelqu’un à `lyâd pour demander la paix (aman). Iyâd consentit à leur accorder la paix et la sauvegarde de la vie des habitants, de leurs femmes et enfants, de leurs biens et de leur ville.

Il leur dit : « La terre est à nous, nous l’avons foulée  et gagnée. »  Et il leur en confirma l’usage moyennant le paiement de l’impôt foncier.Ce que les gens de la dhimma refusèrent de livrer aux musulmans, il leur en imposa la dîme,et établit sur les personnes l’impôt de capitation, chaque homme un dînâr par an ; et il imposa (aussi) les femmes et les enfants.Il leur prescrivit de fournir, en plus du dînâr, des mesures de blé, d’huile, de vinaigre et de miel. Lorsque Muâwiya prendra le gouvernement,il leur fixera cela comme impôt de capitation. Alors ils ouvrirent les portes de la ville, et aménagèrent aux musulmans un marché à la porte de Ruhâ. »

Arculfe, évêque de Gaule en pèlerinage  à Jérusalem  en 670, cité par A.L. de Prémare dans les fondations de l’islam.

« Sur cet emplacement célèbre où se dressait jadis le Temple magnifiquement construit, les Sarrasins (Saracini) fréquentent maintenant une maison de prière quadrangulaire qu’ils ont construite de manière grossière (viii opere) sur des ruines. Elle est faite de planches dressées et de grandes poutres. On dit de cette maison qu’elle peut accueillir 3 000 personnes à la fois. »

Suite : collecte du coran

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :