Guerre de razzias

La guerre des razzias

 

La terre appartient à dieu. Il en fait hériter qui il veut parmi ses créatures, et le résultat appartient aux pieux (7 :128). Allah a donné le monde à la meilleure communauté, qui ordonne le convenable et interdit le blammable (3 :110). Il est donc légitime d’en chasser les mécréants qui l’occupent abusivement : Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité. (9 :29  ) Et combattez-les jusqu’à ce que la religion soit entièrement à Allah seul (2 :190)  Voila ce qui anime les croyants partant au djihad. Des groupes de migrants sont envoyés semer la confusion en avant-garde de ces conquérants voulant introduire la charria, y soumettre les populations mécréantes et, à terme, les forcer à la conversion et les épurer. ([10]) Pendant ces opérations de razzias, la nécessité pour les membres de la communauté de porter des signes de reconnaissance ostensibles est évidente, pour les hommes comme pour les femmes.

            Une sourate entière, nommée « le butin », est consacrée à inciter les croyants à la haine du non croyant (8 :12,7,37,73), à les encourager à partir en guerre sans faire ni quartier ni prisonnier (8 :15,17,39,57,58,65,67) et à la gestion du butin de ces razzias (8 :41,68,69) . Curieuse préoccupation pour le fondateur d’une religion d’amour, de tolérance et de paix. Les savants de l’islam ont formalisé la répartition de ces richesses, hommes, femmes et enfants : faut-il les tuer tous ou en conserver certains pour profiter de leur travail et de leurs impôts ? ([9])  Remarquons au passage que cette sourate et la suivante sont les dernières révélées et donc, de par le principe des versets plus récents abrogeant les plus anciens, elles abrogent tout ce qu’on pourrait trouver de relatif à l’amour, la tolérance ou la paix dans le coran.

Dans sa lettre synodale d’élection en 634, Sophronios, le patriarche de Jérusalem ([1]) écrit : Que dieu accorde à nos empereurs des sceptres robustes et puissants afin qu’ils brisent l’orgueil de tous les barbares, et  surtout des saracènes qui, à cause de nos péchés, se sont dressés soudainement contre nous et se livrent à un pillage total avec cruauté et sauvagerie.

Al Waqidi, écrivant beaucoup plus tard (745-822), donne ces détails : Il [Usâma] lança l’attaque. Aucun chien n’avait aboyé, personne n’avait bougé et ne s’était aperçu de rien avant de voir les assaillants fondre sur eux aux cris de : « O toi qui est assisté (par dieu), donne la mort ! » Il tua tous ceux qui lui apparaissaient, il fit captifs tous ceux qu’il pouvait capturer ; il brûla au feu leurs groupement, incendiant leurs maisons, leurs cultures et leurs palmiers, dont s’élevèrent des nuages de fumée ; et il fit galoper les cavaliers dans les enclos et les pourtours de leurs demeures. Ils arrêtèrent là leurs poursuites. S’emparant de tout ce qui était à leur portée, ils passèrent ce jour-là à mettre en ordre tout le butin qu’ils avaient fait ». (cité également par A.L. de Prémare dans les fondations de l’islam)

Après les razzias qui déciment la population rurale, contrainte de se réfugier dans les villes, la conquête se continue par le jihad, dont le but est le partage du butin (terres, biens, vaincus) et se termine, au choix de l’Imam, par l’extermination, le partage comme esclaves ([2]) entre les combattants, la conversion forcée ou la soumission à un tribut dont le versement est garanti par le statut de dhimmi (ce qui permet par leurs impôts d’alimenter la communauté musulmane). L’islamisation  consiste enfin à transférer à la communauté musulmane, l’oumma, tous les leviers de commande dont ces peuples disposaient sur l’économie, les techniques, …  Dans un premier temps l’administration du pays conquis est laissé aux élites indigènes, y compris la perception des recettes, puis, au fur et à mesure de l’établissement colonisateur des tribus arabes nomades, la fonction des dhimmis est limitée à l’entretien de la communauté musulmane. En plus de l’impôt il faut compter la pratique du devshirme, qui consiste à prélever régulièrement un cinquième des enfants des dhimmis pour les enrégimenter dans le corps des janissaires.

L’état garantissant la protection des dhimmis entre alors en conflit avec des clans nomades rebelles ou incontrôlables, qui lancent à leur tour des raids. En résumé, le Coran codifie la guerre tribale, la « ghazwa », que nous avons transcrit en « razzia », et élève les luttes tribales et la cupidité au rang de vertus religieuses suprêmes, sous le nom de jihad. ([3]).

Se succèdent donc des dynasties concurrentes, se remplaçant par vagues successives, les plus conquérantes se proclamant califat après avoir soumis une plus ou moins grande partie du monde musulman. Ces dynasties prennent leurs sources dans les peuples nouvellement convertis (Perse, Mamelouks) ou des envahisseurs,  convertis également (mongols, turcs). Elles se réclament alternativement du sunnisme ou du chiisme, et souvent d’une réformation idéologique et s’accompagnent alors d’un retour au rigorisme (almohades, seldjoukides).

Les premiers successeurs de Mohamed forment la dynastie des omeyades avec Damas comme capitale en 661. Ils constituent les armées qui prennent la Palestine en 637, Jérusalem en 638, la Syrie ([4]), l’Irak, l’Iran, puis, en une centaine d’années seulement, grâce à leur idéologie particulièrement efficace, et grâce aussi aux schismes inter religieux (catholiques, orthodoxes, monophysites, nestoriens, juifs), ils vont soumettre successivement tous leurs voisins : l’Egypte, Carthage (698), Tanger. L’Afrique du nord est totalement conquise en 711, malgré la résistance berbère ([5]). Vers le nord, l’empire byzantin résiste (échec au siège de Constantinople en 718). Parallèlement sont conquis la Perse, le Kirghistan, l’Asie centrale et l’Inde (sur 7 siècles, 80 millions d’hindous sont tués dans ce qui constitue le plus grand génocide de l’histoire ([6])), les chinois stoppant l’expansion vers l’est. Commence alors le débarquement en Espagne.  En 714, Narbonne est prise et sert de base de départ vers Nimes, Toulouse, Sens, Bordeaux. En 732, Charles Martel arrête l’invasion à Poitiers ([7]). Le royaume chrétien s’établit au nord de l’Espagne et entame sa longue libération, qui durera jusqu’en 1492. C’est l’âge d’or andalous, mais les non musulmans y vivent sous le statut de dhimmis ([8]) : l’évêque de Cordoue, Euloge, qui voulait s’opposer aux conversions forcées, est exécuté en 859, par les omeyades, donc pendant la période que certains appellent l’islam des lumières. En 1148 la famille juive du jeune Maïmonide (1138-1204) fuit Cordoue vers Fés, la Palestine, le Caire car on veut les forcer à la conversion à l’Islam. Averoes (1126-1198), philosophe et médecin, commentateur d’Aristote, est exilé dans une petite ville puis au Maroc, ses livres condamnés à être brulés. Avicenne également fuit l’Espagne, car ses travaux philosophiques (dont le Tahaful al tahaful, « Contradiction de la contradiction ») déplaît aux autorités religieuses (dont Ibn Gazhali).

En 750 les califes omeyades sont renversés par les abassides (chiites, de la famille de Mohamed). La ville de Bagdad est crée ex nihilo en 762 pour y établir la capitale avec l’étendard noir.

Suite : La fixation du dogme


[1] Jérusalem était alors appelée Aelia, en grec, liliya en arabe, du nom de l’empereur romain Aelius Hadrien

[2] Ce qui est également prévu dans le deutéronome (21 :11-13), y compris pour les femmes.

[3] Bat Ye’or, dans les chrétientés d’orient, donne à propos de ce mécanisme de conquête de très nombreuses références sur les chroniques juives, chrétiennes et islamiques. Des événements récents montrent que ces pratiques perdurent, voir http://www.dreuz.info/2013/07/souffrance-des-chretiens-sous-le-joug-jihadiste/

[4] Où ils retrouvent donc, selon les commentateurs musulmans eux-mêmes, des autochtones déjà musulmans ! Ils sont appelés en grec « moagaritai » et en araméen « maggrayé » et se nomment eux-mêmes « muminin » (croyants/affidés).

[5] Sur le détail de l’islamisation de l’Afrique, voir : http://www.mission.catholique.fr/IMG/doc/islamisation_Afrique_SMM_2009.doc

[8] Le nom Andalousie, comme al andalous, vient du nom Vandalousie, non du royaume formé par les vandales, arianistes, dans le sud de l’Espagne. Voir http://histoire.fdesouche.com/al-andalus-le-mythe-du-vivre-ensemble, qui montre quelques exemples de jurisprudence de l’époque andalouse et voir aussi un autre mythe http://islamineurope.unblog.fr/2010/11/03/le-mythe-de-la-transmission-arabe-du-savoir-antique/ et aussi http://lahuppe.com/2013/12/11/la-dite-civilisation-araboandalouse-musulmane-est-une-mystification/ et enfin http://riposte.sefarade.over-blog.com/15-categorie-12203920.html

[9] https://amourtolerancepaix.wordpress.com/verset-du-jour/florilege/conquetes-arabes/dhimmitude/

[10] Hari Boumedienne, président algérien – discours à l’ONU en 1974 : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord, et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils. C’est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire ». En aout 2015, l’état islamique a menacé d’envoyer 500 000 migrants sur les côtes de l’Europe, et le Cheikh Mohammad Ayed précise dans un discours à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem en septembre 2015 : « Ils ont perdu leur fertilité, donc ils cherchent la fertilité dans notre milieu, nous allons leur donner la fertilité. Nous allons faire des enfants avec eux, parce que nous allons conquérir leur pays ».
Et quiconque émigre dans le sentier d’Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance (4:100) car la terre appartient aux pieux serviteurs d’Allah (7:128, 19:40, 21:105)

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