dialogue islamo-chrétien

Le syncrétisme et le dialogue islamo chrétien

Proclamer l’existence, et l’unicité, de Dieu, c’est une chose, mais que sait-on de plus de ce Dieu avec cette seule proclamation ? Laisser entendre que nous partageons une même conception monothéiste de Dieu revient à renier la foi chrétienne. L’affirmation de sa foi est un préalable à tout dialogue.

Le dieu de soumission ([1]), qui guide ou égare qui il veut, sans possibilité de pénitence, n’est pas le père qui appelle sa création à l’amour. Dieu le père a créé tous les hommes pour aller au paradis, Allah en a créé certains prédestinés pour l’enfer (7 :179), sans rédemption possible. Le chrétien croit que ses péchés ont été rachetés par le sacrifice de Jésus, et qu’il peut, par la confession et le repentir, en obtenir le pardon. Le coran ne donne pas cette facilité, et ne propose au croyant comme espoir de rédemption pour son salut que de mourir en martyr, en faisant le plus de mal possible aux ennemis d’Allah ([2]). Dieu le père n’a pas d’ennemis sur cette terre, c’est le bon pasteur, il n’a que des brebis égarées qu’il recherche inlassablement ([3]).

Mohamed propage sa religion par l’épée et le jihad, Jésus nous appelle à nous aimer les uns les autres ([4]) Il faut lire les textes fondateurs, l’islam n’est pas ce que l’on voudrait qu’il soit.

On ne peut aimer et être aimé de ce que l’on domine, c’est pourquoi la révélation chrétienne est la connaissance de l’essence trinitaire de dieu ([5]) et son dessein de salut par l’amour, dans la communion avec Dieu ([6]). Et c’est pour rendre possible cette communion avec Dieu que, pour les chrétiens, l’homme et la femme ont été créés à l’image de Dieu. La révélation coranique n’est uniquement que la loi et les rites à appliquer ([7]).

Dire que nous avons des valeurs communes ne veut rien dire, tant qu’on ne précise pas lesquelles ([8]) ; nous sommes effectivement issus de la même source, juive, mais cela a tellement été réécrit et réinterprété que c’en est devenu méconnaissable. Oui, le coran parle, en bien, de Issa et de Myriam, mais Issa, simple prophète, n’est pas jésus, membre de la trinité divine, dieu fait homme, mort sur la croix, ressuscité, rédempteur des péchés du monde. Le coran contredit l’évangile sur tout ce qui concerne le message et la mission de Jésus : Issa n’est pas Dieu, n’est pas mort sur la croix, n’est pas ressuscité, n’a pas racheté les péchés. Comme les autres prophètes, il est soumis à dieu, donc musulman !Aux derniers jours il reviendra, avec le mahdi, pour abattre les croix, tuer les porcs (les chrétiens) et les singes (les juifs) et établir l’islam. Le coran ne raconte pas l’histoire de Jésus et recouvre son message.

Le coran distingue les nazaréens ([9]), qui croient en Issa, et qui sont les meilleurs amis des musulmans, et les associateurs, qui associent à Dieu un fils, Jésus et même une mère ([10]), Marie (5 :116), et qui sont accusés de commettre par la même le pire des crimes, impardonnable : le polythéisme.

La bible et l’évangile sont des livres inspirés par Dieu à des auteurs humains, le coran est la parole de Dieu révélée, descendu directement.

Le christianisme n’est pas la religion d’un livre mais celle de la parole de Dieu incarné : Jésus Christ,  la bonne nouvelle à accepter avec foi. Evoquer l’appartenance aux gens du livre laisse entendre qu’il n’y aurait qu’une religion et qu’un livre et que le chrétien se sauverait en obéissant à une loi, alors que c’est la foi qui sauve, les bonnes œuvres sont la conséquence du salut et nullement le moyen de l’obtenir. Parmi ces œuvres l’amour du prochain lui-même n’est que l’amour de Dieu, puisque l’Evangile nous montre Dieu dans chacun de nos prochains.

L’expression « gens du livre » est associée dans le coran avec le statut discriminatoire de « dhimmi » et se ranger, faussement, parmi les gens du livre, c’est accepter ce statut d’inférieur. Il faut aussi expurger du discours chrétien contemporain les expressions aussi pernicieuses que « les trois religions abrahamiques », « les trois religions révélées » et même « les trois religions monothéistes » parce qu’il y en a bien d’autres, et que cela sous-entend une convergence inexistante, reniée par les textes fondateurs, l’association (la croyance en la trinité) est dénoncée comme le pire crime dans le coran.

Les musulmans ne peuvent espérer en l’autre monde que les plaisirs qu’ils doivent haïr ici-bas, alors que le paradis, le royaume de Dieu promis aux chrétiens est la relation avec Dieu, communion dans l’amour divin.

Jésus est venu accomplir les prédictions des prophètes, et confirmer les commandements donnés à Moïse, dont pas un iota ne changera. Et le sermon sur la montagne rappelle et détaille ces 10 commandements. Les commandements des pharisiens, eux, doivent être parfaits, ainsi les versets tolérants de l’évangile abrogent ceux qui ne le sont pas dans la thorah :

L’ancien testament contient la loi du talion (deutéronome 19:21 et lévitique 24:17) et Jésus lui-même le dénonce (Matthieu 5:43-48), l’évangile abroge donc la loi du talion, qui est conservée par le coran.

L’ancien testament contient la lapidation de la femme adultère (deutéronome 22:13-24) et Jésus lui-même le dénonce (Jean 8 :7-11), l’évangile abroge donc la lapidation, qui est conservée par l’islam.

L’ancien testament contient de multiples exemples de glorification de l’usage de la force, des rois qui prennent des villes et exterminent les habitants, … (deutéronome 20, livre des rois), et Jésus lui-même le dénonce (Mathieu 26 :52 et Jean 18 :36), l’évangile abroge donc la loi du plus fort, qui est conservée par le coran sous la forme théorisée du jihad.

L’ancien testament contient de multiples obligations rituelles et d’interdits (ablutions, vin, porc, …) et Jésus a laissé le premier pape régler ces détails (actes 15 :28-29 et galates 2 :16)), les actes des apôtres abrogent donc les prescriptions rituelles, qui sont conservées par le coran, sous la dénomination de charia.

C‘est exactement l’inverse qui se produit dans le coran lui-même, avec les versets medinois, intolérants, qui abrogent les versets mecquois, plus anciens. Jésus nous apprend la miséricorde, même envers les ennemis, mais le coran, au contraire de l’amour du prochain, nous appelle, par le jihad, à conquérir le monde pour plaire à Dieu et à tuer ou soumettre ici-bas en son nom tous les non musulmans. Mon royaume n’est pas de ce monde disait Jésus. Le coran demande même de rejeter toute compassion (24 :2) envers les mécréants.

Qui peut venir amener un nouveau message après le messie, Jésus ? Sinon l’antichrist ? Oui, Jésus dans l’Evangile a annoncé des faux prophètes (mathieu 24 :11 ; jean 16:2; marc 13:6) qu’il faut reconnaitre à leurs fruits. L’angélisme et l’ignorance sont mauvais conseillers. Et le coran le reconnait : Allah est le meilleur de ceux qui rusent (3 :54, 8 :18-30)

Prier ensemble autrement qu’en silence sera impossible ([11]) : un musulman ne pourra prononcer sans blasphème le credo ou le notre père, et un chrétien ne pourra s’injurier lui-même en prononçant la fatiha, si on ne lui cache pas que ceux qui se sont égarés du droit chemin sur lequel nous prions Dieu de nous guider, ce sont les chrétiens ([13]). Les juifs, quant à eux, savent que ceux qui ont encourus la colère de Dieu, ce sont eux.([12])

Voir aussi : Mohamed associé à Allah , Les nazaréens de Syrie et la clef de lecture

[1] Islam ne signifie pas « paix » mais « soumission » par une mauvaise traduction de la recommandation de Dieu à Abraham : sois parfait mal traduit en sois soumis (genèse 17 :1 : haweî şelim , sois parfait). La paix c’est salam, comme dans salam aleikoum, ou dans shalom alekhem, salutation répandue en orient : que la paix soit avec vous.

[2] Il est évident que la majorité des musulmans sont comme vous et moi : ils aiment l’amour la tolérance et la paix, et ils cherchent à suivre du coran les versets tolérants, dit « mecquois », qui sont majoritairement ceux traduits de l’araméen et de l’hébreu en arabe par les nazaréens inspirés par l’évangile et l’ancien testament (voir https://amourtolerancepaix.wordpress.com/coran/version-du-notre-pere/). Mais que vienne un prédicateur qui prêche à la lettre le coran complet, avec ses versets conquérants dits « médinois », et voila que se forme sur cette base une minorité agissante djihadiste, plus pure, selon le texte fondateur, plus accomplie, et qui, sous la menace permanente de l’accusation de blasphème ou d’apostasie, mènera rapidement la majorité par la terreur. Le drame pour l’humanité, c’est que, selon le coran et les savants de l’islam, ces versets médinois, révélés en dernier, abrogent les premiers, et la solution la plus raisonnable, qui consiste à renier les versets médinois est malheureusement un blasphème.

[3] une fatwa du sultan malaisien de Selangor affirme d’ailleurs que le mot Allah, qui était employé pour « dieu » par les chrétien dans leur traduction locale de la bible, est « un mot sacré, exclusivement réservé aux musulmans ». Ce n’est donc pas le même Dieu. D’ailleurs le coran le proclame dans la sourate 109 : « Vous les koufars, Je n’adore pas ce que vous adorez, et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore. Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez, et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore » . C’est Allah qui a écrit le coran, est-ce dieu le père qui a écrit le coran ? non, ce n’est donc pas le même dieu.

[4] Voir http://www.bvoltaire.fr/pierredelacoste/ny-a-dislam-modere,184741

[5] Dieu est amour, il aime, mais qui aime-t-il ? Comme il est autosuffisant, cet autre doit être en lui, c’est donc un dieu en au moins deux personnes. Cette relation d’amour a besoin d’être reconnue, par un 3ème qui en est le témoin, et ces trois personnes coopèrent à la création.

D’ailleurs, le coran affirme que Jésus a été fortifié du Saint-Esprit, qu’il est la « parole de Dieu », par laquelle tout a été créé et qu’il apporte des preuves miraculeuses « par la permission de Dieu» (5 : 110, 3 :45-49, 19 :17). N’est-ce pas là un reste des écrits chrétiens originaux, une reconnaissance de la trinité ?

[6] Jean Paul II (entretiens) affirme : Quiconque lit le coran, en connaissant déjà bien l’ancien et le nouveau testament, percevra clairement le processus de réduction dont la Révélation divine y est l’objet. Il est impossible de ne pas être frappé par l’incompréhension qui s’y manifeste de ce que Dieu a dit de lui-même, d’abord dans l’Ancien Testament par les prophètes, ensuite de façon définitive dans le nouveau testament par son Fils. Toute cette richesse de l’auto-révélation de Dieu, qui constitue le patrimoine de l’Ancien et du nouveau testament, a été, en fait, laissée de côté dans l’Islam Le Dieu du Coran est […] un Dieu qui reste étranger au monde. Un Dieu qui est seulement Majesté et jamais Emmanuel, « Dieu-avec-nous ». L’Islam n’est pas une religion de rédemption. […] C’est pourquoi non seulement la théologie mais encore l’anthropologie de l’Islam sont très éloignées de celles du Christianisme.

[7] d’un côté on s’attache à l’apparence : « la barbe », « le voile », « la djellaba », le « pèlerinage », « les ablutions », « la prière », « le jeune », « l’interdit du porc », « l’interdit du vin », imiter, faire la même chose, les mêmes rituels, les mêmes interdits, ce ne sont que des signes extérieurs, facilement contrôlables par la communauté qui ainsi peut faire pression sur les « mauvais » musulmans, qui ne respecteraient pas cet apartheid. C’est exactement le contraire du message du Christ dans l’évangile. La parole du Christ est spirituelle, c’est la liberté, le choix de la foi, sans contrainte, le don de soi à l’autre, intégralement sans attendre une contrepartie, sans désir de domination, et encore moins d’humiliation, de rapport de force. C’est le pardon pour celui qui est tombé, et par son sacrifice sur la croix, tout est pardonné à l’homme

[8] Est-ce la fraternité, l’amour des autres, de tous les autres, même ceux des autres religions ? non, le coran proclame même qu’il ne faut pas prendre d’amis parmi les mécréants (5:51) ; est-ce la tolérance et la liberté de religion ? alors que les non musulmans, considérés comme impurs, sont, quand on ne les éradique pas, maintenus dans un statut inférieur de dhimmis. Voir par exemple (9:5), (8 :39) ou (4 :56) ; est-ce la paix, alors que le coran incite au jihad, que le monde musulman est à feu et à sang et que les réfugiés le fuient par milliers ? est-ce l’égalité ? du musulman et du dhimmi, du musulman et de l’esclave, de l’homme et de la femme ? non ; est-ce la laïcité, la démocratie ? alors que seule la loi de Dieu, la charria, non réformable par le vote des citoyens, doit s’appliquer,  est ce la liberté ? alors que islam signifie soumission, soumission du musulman à Dieu et du non musulman au musulman, non, encore non et toujours non, ces valeurs que les nazaréens ont transmis dans les versets tolérants mecquois sont recouverts et abrogés par les versets conquérants médinois.

[9] Mais aujourd’hui, l’existence des origines nazaréennes du coran ayant été effacées, le mot nazaréen est celui utilisé pour désigner les chrétiens,  d’où le « N » qui sert à marquer leurs maisons pour le passage des hordes djihadiques.

[10] L’erreur vient de ce que l’esprit, qui est féminin en hébreu et en araméen, a été faussement identifié, dans le coran, à Marie, mais celle-ci n’a jamais été déifiée par les chrétiens. De plus, contrairement à ce que dit le coran, Marie n’est pas la fille d’Amram et la sœur d’Aaron (19:28) et donc de Moise, qui vivaient 1500 ans avant elle

[11] Pour éviter toute tromperie, ne pas admettre de prière en latin ou en arabe, car le pape François lui-même, lors de la prière pour la paix au Vatican en 2014, s’est fait traitreusement surprendre : l’imam a rajouté une prière non prévue, en arabe, se terminant par « et donne nous la victoire sur les peuples infidèles » (2:286) Pour une prière pour la paix, par une religion de paix, c’était effectivement particulièrement bien choisi.

[12] Voir le très intéressant article de Jacques Elul : http://www.info-sectes.org/islam/ellul.htm

[13] Cela n’a pas empêché le cardinal Barbarin de faire réciter cette fatiha en chaire, à l’occasion de plusieurs rencontres « œcuméniques » autour du dieu de miséricorde. Ignorance ou naiveté ? voir le synchrétisme en marche

 

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